Une fois n’est pas coutume, je vais parler cinéma. Ces dernières semaines, j’ai eu envie d’aller voir deux films : le très attendu Die Hard 5 et Möbius, sur les conseils d’un ami. Le hasard a voulu qu’il y ait des morceaux de Russes dedans, du coup, hop!, billet !

Après le relativement moyen 4e opus de la franchise qui a fait de Bruce Willis un héros de film d’action, on pouvait espérer que le 5e relèverait un peu le niveau avant que papy ne prenne sa retraite. Que nenni ! Die Hard 5 s’avère encore plus mauvais et n’a surtout plus rien à voir avec le concept de départ. Alors certes, ça se laisse regarder, mais Die Hard 5 représente tout ce que je déteste aujourd’hui dans l’industrie du divertissement. Il s’agit d’un pur produit marketing calibré, bourré de fan-service (course poursuites en bagnoles, coups de feu, explosions à gogo, acteurs/trices payés pour être sexy avant d’êtres bons…) et totalement dénué d’âme. A part que le personnage joué par Bruce Willis s’appelle John McLane, le film n’a absolument rien d’un Die Hard. Vous preniez exactement le même pitch, avec Stallone et vous appeliez ça Rambo 6, ça marchait tout pareil. Vous preniez exactement le même pitch, avec Kiefer Sutherland et vous appeliez ça 24 heures chrono : Le film, ça marchait tout pareil. Vous preniez… enfin bon, vous avez compris ! Et je reste véritablement circonspect par rapport à l’interminable scène de cassage de voitures au début qui n’a strictement aucun intérêt à part celui de faire fonctionner l’industrie automobile… Seule petite satisfaction : Patrick Poivey était au top de sa forme sur la VF de Willis. C’est toujours ça de pris ! Au final, Die Hard 5, c’est donc surtout « Belle journée pour sortir » (et ne pas aller au ciné) !

En face, nous avons Möbius, le nouveau film avec Jean Dujardin, une histoire d’amour sur fond d’espionnage. Ne cherchez pas le film d’espionnage, ni même le fond, car ils sont particulièrement en retrait. Le scénario étant rendu complexe par quelques artifices à base d’espions, de contre-espions, de contre-contre-espions et de contre-contre-contre-espions. A ce titre, c’est beaucoup de poudre aux yeux, et c’est pour moi le point faible du film. Ça tient la route, mais il vaut mieux ne pas trop se poser de questions et se laisser porter par l’histoire et, surtout, les personnages. Car oui, Möbius repose quasi-intégralement sur ses personnages, leurs émotions, leur charme et leur histoire d’amour, sincère, spontanée, instinctive et presque animale. Jean Dujardin et Cécile De France forment un couple magnifique à l’écran, et jouent avec énormément de justesse le rôle de ces âmes sœurs que rien ne prédestinaient à se rencontrer. Leur relation fusionnelle est si intense qu’elle dépasse allègrement la prestation de Patrick Swayze et Demi Moore dans Ghost, pourtant référence ultime du genre. Sublimés pas la caméra d’Éric Rochant, les personnages d’Alice et Moïse suscitent rapidement l’empathie du spectateur qui tombe inexorablement amoureux d’eux. Bon point également pour la BO sympathique qui a su s’effacer et profit du film. Rare. Möbius est donc un très beau film d’amour qui m’a même tiré une petite larmichette à la fin. Incontournable si vous avez la fibre romantique.

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