Le manga pour enfants (2)

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En faisant des recherches sur les auteurs français publiés au Japon dans le cadre de mon article sur le manga pour enfants (plus que quelques jours pour le trouver encore dans le commerce), j’ai découvert le travail de monsieur André Dahan via le catalogue de l’éditeur Kôdansha. Après un tour sur son site et une visite détaillée de son CV, je me suis rendu compte que ce monsieur était publié depuis de longues années au Japon. J’ai donc cherché à le contacter pour lui poser quelques questions sur cette partie de sa carrière et il a très gentiment accepté de me répondre. Malheureusement, je n’ai pas pu exploiter ses réponses dans mon texte. Avec l’accord de M. Dahan, que je remercie chaleureusement de m’avoir donné un peu de son précieux temps, voici une partie de l’interview qu’il m’avait accordé par mail en octobre dernier (je ne désespère pas d’utiliser le reste dans un futur article).

Comment et pourquoi avez-vous voulu devenir auteur pour enfants ?

Au départ, je suis un artiste peintre mais en même temps illustrateur de presse (Le Point, L’Express, Elle, Lui et d’autres) et de publicité. À cette époque, je travaillais beaucoup pour Bayard Presse jeunesse comme Okapi, J’aime lire, Astrapi et d’autres. C’est par ce biais que je suis devenu illustrateur pour enfants et que j’ai commencé à  avoir des idées des livres personnels.
Mon premier livre Mon amie la lune a été publié en 1987 chez Gallimard et chez d’autres éditeurs étrangers en même temps. Il a rencontré un vif succès,  alors qu’il semblait bien différent de ce qui était présenté sur le marché de l’époque. Avec ce livre, j’ai introduit la peinture à l’huile dans le livre pour enfants. C’est d’ailleurs le livre préféré des Japonais (parmi mes autres livres). Mes lectrices Japonaises pleuraient à mon exposition ce qui était extrêmement touchant.

© André Dahan / Gallimard Jeunesse

Votre première exposition artistique a eu lieu au milieu des années 80 à Tôkyô. Était-ce un choix ?

Avant d’exposer à Tôkyô, j’ai fait pas mal d’expositions en France, aussi bien des peintures que d’illustrations.
La première exposition au Japon, en 1987,  était une exposition de groupe : des œuvres d’artistes exposant à la Foire du livre de Bologne en association avec le Musée Itabashi.
Par la suite, j’exposais au Japon presque chaque année et la plus importante, réunissant à peu près 300 œuvres (illustrations de livres, de presse, petites peintures), a eu lieu en 2005 à l’Eki Museum à Kyôto (également exposée dans d’autres lieux à travers le Japon) et organisée par M. Minoru Shibuya en association avec mon éditeur principal Kôdansha. J’en garde un souvenir inoubliable ! Ma dernière exposition date du 2008 à Odaiba avec Fuji TV.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce pays pour que vous y refassiez tant d’expositions ?

Je ne fais pas de démarches particulières pour exposer là-bas, je suis toujours sollicité pour les faire. Mais mon plaisir est immense à chaque fois. Les Japonais sont des personnes d’une ouverture exceptionnelle, curieux de découvrir d’autres horizons et cultures, d’une gentillesse exemplaire. Je dirai que ma sensibilité et la leur se rejoignent. L’enthousiasme qu’ils expriment envers mes créations est pour moi presque surprenant mais  très réconfortant et agréable.

Quels souvenirs gardez-vous de vos passages là-bas ?

J’y suis allé trois fois et j’en revenais toujours sur un petit nuage. J‘ai eu la possibilité de rencontrer mes lecteurs, qui m’attendaient à chaque fois les bras ouverts, si je pouvais m’exprimer de la sorte, et j’ai été surpris de découvrir combien mes livres étaient populaires. C’est une récompense énorme pour un auteur : recevoir l’expression directe de l’appréciation de ses lecteurs, presque des fans.

Boku no tomodachi otsuki-sama © André Dahan / Kôdansha
L’édition nipponne de Mon amie la lune

Vos livres se vendent-ils tous de la même façon partout ou y en a-t-il qui se vendent plus à l’étranger qu’en France ?

Curieusement, certains livres plaisent plus dans certains pays que dans d’autres : Mon amie la Lune pour le Japon et l’Europe, Le chat et le poisson pour les USA. Je constate que les Taiwanais et les Chinois (qui s’ouvrent au marché du livre pour enfants et en plus venant de l’étranger) suivent le Japon et que les Coréens ont une préférence pour les livres haut en couleur.
Actuellement, j’ai l’impression – est-ce l’effet de la crise ? -, que l’édition française prend un virage plus commercial, les livres deviennent presque un gadget. Ce qui est étonnant, c’est que les éditeurs prestigieux s’engagent dans cette voie également. Ce n’est pas encore le cas au Japon, mais j’ai le sentiment qu’ils y pensent aussi. J’espère que mon éditeur préféré, Kôdansha, gardera sa ligne éditoriale.

* * *

L’info en + : Pour les japonisants, voici une petite interview de 2010 en deux parties (1 & 2), avec une photo de l’artiste. Du reste, M. Dahan travaille actuellement sur la création d’un nouveau personnage, un cœur dénommé Sweatheart.

Voir aussi : Le manga pour enfants (1)

Coup double pour le manga à Angoulême (2012)

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La nouvelle vient de tomber il y a trente minutes, deux mangas ont été récompensés au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême ! Ont ainsi été récompensés : Bride Stories de Kaoru Mori publié aux éditions Ki-oon et Une vie dans les marges de Yoshihiro Tatsumi disponible aux éditions Cornélius.

Bride Stories a reçu le « Prix Intergénérations », qui existe depuis 3 ans et qui fut attribué l’an dernier à Pluto de Naoki Urasawa. Et c’est la première fois que Ki-oon remporte un Prix à Angoulême, cerise sur le gâteau pour cet éditeur de mangas indépendant qui gravit les marches du succès les unes après les autres depuis sa création en 2003.

Le manga porte également chance à Cornélius qui, après NonNonbâ de Shigeru Mizuki (Prix du meilleur Album en 2007) et Opération Mort du même Mizuki en 2009 (Essentiel Patrimoine), vient de recevoir le « Prix Regards sur le monde » pour Une vie dans les marges (empêchant au passage Futuropolis de remporter ce prix trois ans de suite). Je rappelle que l’adaptation cinéma de ce dernier sera en salles dès mercredi sous le titre de Tatsumi.

Pour revoir la cérémonie de clôture du Festival, c’est par là !

Lire, écouter, voir… (1) [Màj du 29/01]

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Un rapide petit billet pour signaler deux émissions à ne pas louper, une à la radio et une à la télévision, dans deux genres un peu différents.

Tout d’abord, l’émission On va déguster de France Inter diffusée dimanche dernier et réécoutable ici. On y parle de Gastronomie et de bulles, avec comme invités de la semaine Étienne Davodeau (auteur de l’excellent Les Ignorants) et Guillaume Long (papa du – je ne l’ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder – A boire et à manger). Précipitez-vous, le podcast n’est disponible en ligne que pour une durée très limitée, jusqu’au 17/10… 2014 ! On y sent un Guillaume Long assez à l’aise, plus qu’Étienne Davodeau qui semble avoir besoin d’un peu de temps pour se laisser aller à la confidence. Du coup, on regrette un peu que l’émission n’ait pas duré plus longtemps pour nous permettre d’en apprendre un peu plus sur ses méthodes de travail. Et il est même vaguement question de manga entre les deux…

* * *

Seconde émission, à voir ce soir sur arte, Sex in the comics – La BD érotique, un documentaire de 53 minutes signé Joëlle Oosterlinck. Il y sera bien sûr question de manga avec une interview de Suehiro Maruo (Vampyre, La chenille, L’île Panorama, L’art du bain japonais…). Présentation :

De Manara et Crumb à Zep et Aude Picault (Comtesse), une promenade coquine et inspirée à travers quarante ans de fantasmes en bulles.

La BD érotique a désormais quitté l’enfer des bibliothèques pour devenir un genre à part entière, dont s’emparent des auteurs toujours plus nombreux et créatifs. De l’enfance de l’art à son âge adulte, ce documentaire léger comme une bulle nous convie à découvrir quarante ans de planches érotiques. Au-delà de l’imaginaire, des fantasmes et de l’esthétique de leurs auteurs, elles racontent aussi les rapports de la société avec le sexe et l’interdit, le montrable et l’inavouable, la censure, la liberté. Celle qui nous guide dans ce voyage dessiné dans le temps et autour du monde est charmante, rigolote et court vêtue. Mais attention ! Miss Molly Crabapple n’est pas du genre à se déguiser en infirmière. Pratiquant elle-même le genre avec humour et crudité, elle promène sa petite silhouette et ses commentaires mutins dans les dessins de ses grands aînés (Robert Manara, Robert Crumb, mais aussi le Japonais Suehiro Maruo, dont elle prise particulièrement le mélange d’horreur et de sexe), comme de ses contemporains – parmi lesquels le Suisse Zep (Happy sex) ou la Française Aude Picault (Comtesse).

Ce soir à 22h30,
Rediffusions :
03/02/2012 à 03h10
08/02/2012 à 01h05

[EDIT : L’émission de 52 minutes est visible en ligne sur le site Arte+7 pendant une semaine.]

Thermae Romae (Mari Yamazaki) (2)

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Puisque j’ai donné mon avis sur les deux premiers épisodes de la série animée, et dans la mesure où celle-ci est courte, je me suis dit que je pourrais poursuivre dans la foulée…

Épisodes 3 & 4 (diffusion Jp du 18/01) : Ces deux épisodes m’ont laissé la même impression répétitive que la première fois dans leur structure narrative (1 an après l’épisode précédent – Lucius, confronté à un problème auquel il cherche une solution – bain – voyage dans le futur – observation du Japon contemporain – retour dans le passé – application de ce qu’il a appris) et c’est quand même très flagrant. Les épisodes sont trop courts et ça ne joue pas en faveur de la série. Heureusement, la seconde moitié de l’épisode 3 est très drôle et l’épisode 4 étoffe un peu la gamme de personnages qui apparaissent. Mais l’ensemble reste vraiment inégal. Je trouve ça dommage. Par contre, je suis toujours aussi fan des morceaux de musique classique vraiment forts à propos… (Aaaah la Grande sarabande de Haendel, La chevauchée des Walkyries ou Peer Gynt !!) Ça, ça me fait vraiment rire !

Épisode 5, le dernier (20 minutes, diffusion Jp du 25/01) : Alors qu’on pouvait espérer un épisode en deux parties plus ambitieux, celui-ci se contente d’allonger la durée du séjour de Lucius au Japon, mais délaye en multipliant les gags de stupeur devant la nourriture japonaise, façon séries culinaires. Bof !

Au final, ma déception est probablement proportionnelle à mes attentes. Thermae Romae (en dessin animé) est une série qui fonctionne exclusivement sur le non-sens, l’humour absurde, les running gags et le comique de situation. Trahie par son budget riquiqui (série courte, musique libre de droits, animation minimaliste, physiques de personnages secondaires grossiers mais assumés…), elle tente de se rattraper aux branches comme elle le peu, pour le meilleur comme pour le pire et peine à convaincre. Le manga n’aura donc aucun mal à faire mieux. Plus qu’un mois et demi d’attente.

Pour voir légalement ces épisodes avec des sous-titres français et leur laisser leur chance malgré mon avis mitigé, c’est sur Wakanim que ça se passe !

Et si vous avez envie d’en savoir plus sur la sexualité au temps des Romains, je vous invite à lire l’intéressante interview de l’historien Thierry Eloi (co-auteur du livre L’érotisme masculin dans la Rome Antique) sur Rue89.

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L’info en + : Au Japon, les Blu-Ray et les DVD sortiront le 20/04/2012, tandis qu’un CD est prévu le 08/02/2012. Il s’agit d’un CD 2 titres (version longue et TV Edit) du générique de fin interprété par le groupe Chatmonchy, dont l’actualité sera particulièrement chargée en février :
– 01/02 : CD Single Mangetsu ni hoero
– 08/02 : CD Single Thermae Romae
– 15/02 : Album Best-Of Chatmonchy Best ~ 2005-2011 ~

Setona Mizushiro au Salon du Chocolat ? [Bingo ! Màj du 28/01]

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Tandis que ce week-end se tient en France le 39e Festival International de la bande dessinée à Angoulême, les Tokyoïtes accueillent la dixième édition du Salon du Chocolat du 25 au 30 janvier. Plusieurs chocolatiers français (i.e. installés en France) seront présents sur place avec des produits exclusifs (rien que les photos donnent faim : n’hésitez pas à y jeter un œil !). Citons Pierre Hermé, ou encore Sadaharu Aoki (auquel Japan LifeStyle consacre d’ailleurs un très bon article signé Carla Cino dans son numéro en cours). Mais il y a également des représentants Japonais (voir la liste des exposants). On notera, enfin, que la boîte spéciale 10e anniversaire était déjà épuisée hier, premier jour du Salon.

Je suppose qu’il y a de fortes chances que sur place les lecteurs de mangas croisent durant le week-end Setona Mizushiro, fan inconditionnelle du chocolat et auteur du très sympathique Heartbroken Chocolatier (éd. Kazé Manga), d’autant que la mangaka a réalisé un essai de deux pages dans le catalogue officiel du Salon (136 pages, 980 yens).

[EDIT : Comme je l’imaginais, la mangaka n’a pas manqué de se rendre sur place et de revenir les bras chargés de paquets (voir la photo de son bureau qui ne présenterait qu’une partie de ce qu’elle a ramené). Notez tout de même qu’elle commence son long compte-rendu du Salon par deux phrases sur ses dernières publications. On voit tout de suite ce qui est important !]

© D.R.

Concernant Heartbroken Chocolatier, le tome 4 est sorti au Japon le 10/11/2011 et devrait normalement être disponible en version française le 04/04/2012 (Source : Amazon).

Pour les passionnés de chocolat en France, sachez que début février (du 10 au 12) le Parc Chanot de Marseille accueillera son troisième Salon du Chocolat. Soit trois semaines avant la 4e édition de Japan Expo Sud (du 02 au 04 mars 2012) qui se déroule le même week-end que le 1er Salon du Chocolat à Bordeaux. Pour le Salon du Chocolat de Paris, il faudra en revanche attendre la fin de l’année, du 31/10 au 04/11, probablement en parallèle d’une autre mouture de Japan Expo. Je crois qu’il se passe un truc entre les deux…

Sources : Blog de Setona Mizushiro / Comic Natalie

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L’info en + : Il y a un an jour pour jour (c’est beau, le hasard !) sortait au Japon le second CD drama (un récit audio avec des acteurs) de Heartbroken Chocolatier.

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