42e Prix de l’Association des Mangakas Japonais

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Comme tous les ans, le mois de mai est synonyme de remises de Prix pour le marché du manga au Japon. Après le 17e Prix Culturel Osamu Tezuka, après le 37e Prix Kôdansha, c’est au tour de l’Association des Mangakas Japonais (présidée par Tetsuya Chiba, l’un des deux papas du célèbre Ashita no Joe) de décerner son 42e Prix.

Cette année, au rayon des vainqueurs, on retrouve Shizukanaru Don de Tatsuo Nitta, série mafieuse condamnée d’office à s’arrêter suite à l’arrêt de publication de son magazine de prépublication (le Manga Sunday) au terme de 108 tomes (le dernier est prévu cet été). Cette sorte de version des Soprano sauce manga débutée en 1988 et vendue à plus de 44 millions d’exemplaires fait partie des plus longues séries japonaises disponibles à ce jour (voir l’article dédié dans Le Meilleur du Manga 2013, toujours disponible et toujours d’actualité). Osamu Yamamoto, auteur du poignant Orchestre des Doigts paru chez Milan il y a quelques années, remporte un Prix spécial pour Kyô mo ii tenki, leçon de vie sur l’après Fukushima. Tandis que Hiroshi Hirata, l’un des auteurs emblématiques du catalogue Akata / Delcourt, est récompensé par le Prix du Ministère de l’éducation et des Sciences pour l’ensemble de sa carrière.

Shizukanaru Don couverture du tome 100
© Tetsuo Nitta / Jitsugyo no Nihonsha 2011

Palmarès complet

Grand Prix

Shizukanaru Don de Tetsuo Nitta

Prix d’Excellence

Mamagoto de Hiroko Matsuda

Pekorosu no haha ni ai ni iku de Yûichi Okano (un récit autobiographique où l’auteur parle de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer)

Prix Spéciaux

Kyô mo ii tenki de Osamu Yamamoto

Pendulum (Furiko) de Tekken (un projet hybride plus proche de l’animation que du manga, vu près de 3 millions de fois sur Youtube)

Prix du Ministère de l’éducation et des Sciences

Hiroshi Hirata

Source : ANN

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Semaine « Bye bye, my brother » (3/6)

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C’est donc hier qu’est sorti en librairie le one-shot Bye bye, my brother. Mon libraire, qui a du goût, en a d’ailleurs pris une dizaine !

Yanagawa 11

Évidemment, l’auteur lui-même est très heureux de cet évènement et n’a pas manqué de le dire sur son blog. Ce qu’il ignore encore à l’heure où je vous écrit ces lignes, c’est que de nombreuses critiques du livre ont déjà fleurit sur la toile et qu’elles sont extrêmement positives (même si je n’ai pas forcément le même ressenti que certains chroniqueurs). Je suis donc très content que son travail soit reconnu par la critique, et j’espère que son talent sera récompensé comme il le mérite par des ventes conséquentes !

Pour ceux qui hésiteraient encore à se faire un avis, vous pouvez « lire » en japonais le premier chapitre sur le site du magazine IKKI (Shôgakukan). Mais je vous déconseille d’aller au-delà de la page 10 dans la barre d’adresse, car on arrive à la partie spoil et vous risquez de perdre en émotion lors de la vraie lecture du titre.

* * *

Comme vous pourrez le voir dans la postface, Bye bye, my brother est né d’une volonté de Yoshihiro Yanagawa de réaliser une œuvre plus personnelle. Il a donc soumis son projet à différents éditeurs qui lui ont demandé des modifications par rapport au concept initial avant de finalement refuser de le publier. Depuis cette expérience, monsieur Yanagawa ne veut plus faire de concessions avec les éditeurs s’il sent qu’il tient une bonne histoire. Lorsqu’il la proposa à l’hebdomadaire Manga Sunday (devenu bimensuel en juin dernier), le mangaka fut relativement libre d’écrire ce qu’il voulait (même s’il dû concéder l’un ou l’autre compromis), mais n’eut pas le droit de voir son œuvre paraître en recueil (trop courte, pas assez populaire dans le magazine…). Manga Sunday est un magazine pour adultes qui présente plusieurs séries culinaires et des récits de mafieux (et quelques Tezuka comme L’homme qui aimait les fesses ou Debout l’humanité). De fait, monsieur Yanagawa n’a jamais vraiment compris comment cette histoire avait pu être acceptée tant elle était à l’opposée de la ligne éditoriale, ne serait-ce que par son approche familiale. Car oui, Bye bye, my brother est avant tout une fiction grand public. Tous les sites français classent la série en fonction de son magazine de prépublication (en seinen, donc), mais c’est une aberration totale. Depuis quelques années maintenant, je pense que les classification nipponnes (shônen, shôjo et seinen) sont réductrices et pénalisent plus les séries qu’elles ne les servent. Je reviendrai d’ailleurs là-dessus dans les semaines qui viennent car c’est mon nouveau cheval de bataille. Quoi qu’il en soit, Bye bye, my brother s’est retrouvé doublement classé seinen par un simple concours de circonstances et la difficulté pour l’auteur de trouver un éditeur/magazine qui le laisse s’exprimer. Les six chapitres de l’histoire de Nido sont donc parus sous le titre de Neko to kikansha (« Le chat et la locomotive ») dans Manga Sunday à partir de mai 2010.

Previews de la prépub d'origine "Neko to kikansha" © Yoshihiro Yanagawa Jitsugyô no Nihonsha 2010

Previews de la prépub d’origine
Neko to kikansha © Yoshihiro Yanagawa
Jitsugyô no Nihonsha 2010

Après bien des péripéties, Yoshihiro Yanagawa a tenté sa chance en participant à un concours organisé par le mensuel IKKI (dont sont issus des titres comme Les Enfants de la mer ou Dorohedoro) dont le premier prix était une publication en volume relié. La réponse est tombée fin mai 2011 dans le n°100, doublement collector, et le volume relié est sorti chez Shôgakukan le 30 novembre de la même année, complété par une histoire de 50 pages inédite écrite spécialement pour l’occasion entre juin et septembre. Le titre définitif fut (Bye bye, my brother) Bye bye, niini. ~ Neko to kikansha, dont Casterman a conservé le surtitre en anglais.