Interview de KIM Byung Jin sur Bodoï

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Lors de la dernière édition de Japan Expo, j’ai eu l’occasion d’interviewer le talentueux et sympathique auteur Kim Byung Jin, dessinateur émérite des furieux Jackals et Warlord disponibles aux éditions Ki-oon. Cet entretien est désormais en ligne et à lire gratuitement sur le site Bodoï (qui vient de faire peau neuve pour l’hiver).

La vie réserve parfois bien des surprises. En ce dernier jour de Japan Expo, juste avant le début de cet entretien, Kim Byung Jin a eu l’opportunité de rencontrer en privé l’une de ses idoles, Tetsuo Hara (Ken le survivant), passant brièvement du statut d’auteur à celui de lecteur. Durant quelques minutes, le dessinateur coréen de Warlord, fresque héroïque mêlant complots politiques et combats épiques contre des hordes d’orcs, est redevenu un fan parmi des milliers d’autres. Notre interview commence donc de façon inattendue, dans une ambiance particulièrement chargée en émotion…

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Le manga pour enfants (2)

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En faisant des recherches sur les auteurs français publiés au Japon dans le cadre de mon article sur le manga pour enfants (plus que quelques jours pour le trouver encore dans le commerce), j’ai découvert le travail de monsieur André Dahan via le catalogue de l’éditeur Kôdansha. Après un tour sur son site et une visite détaillée de son CV, je me suis rendu compte que ce monsieur était publié depuis de longues années au Japon. J’ai donc cherché à le contacter pour lui poser quelques questions sur cette partie de sa carrière et il a très gentiment accepté de me répondre. Malheureusement, je n’ai pas pu exploiter ses réponses dans mon texte. Avec l’accord de M. Dahan, que je remercie chaleureusement de m’avoir donné un peu de son précieux temps, voici une partie de l’interview qu’il m’avait accordé par mail en octobre dernier (je ne désespère pas d’utiliser le reste dans un futur article).

Comment et pourquoi avez-vous voulu devenir auteur pour enfants ?

Au départ, je suis un artiste peintre mais en même temps illustrateur de presse (Le Point, L’Express, Elle, Lui et d’autres) et de publicité. À cette époque, je travaillais beaucoup pour Bayard Presse jeunesse comme Okapi, J’aime lire, Astrapi et d’autres. C’est par ce biais que je suis devenu illustrateur pour enfants et que j’ai commencé à  avoir des idées des livres personnels.
Mon premier livre Mon amie la lune a été publié en 1987 chez Gallimard et chez d’autres éditeurs étrangers en même temps. Il a rencontré un vif succès,  alors qu’il semblait bien différent de ce qui était présenté sur le marché de l’époque. Avec ce livre, j’ai introduit la peinture à l’huile dans le livre pour enfants. C’est d’ailleurs le livre préféré des Japonais (parmi mes autres livres). Mes lectrices Japonaises pleuraient à mon exposition ce qui était extrêmement touchant.

© André Dahan / Gallimard Jeunesse

Votre première exposition artistique a eu lieu au milieu des années 80 à Tôkyô. Était-ce un choix ?

Avant d’exposer à Tôkyô, j’ai fait pas mal d’expositions en France, aussi bien des peintures que d’illustrations.
La première exposition au Japon, en 1987,  était une exposition de groupe : des œuvres d’artistes exposant à la Foire du livre de Bologne en association avec le Musée Itabashi.
Par la suite, j’exposais au Japon presque chaque année et la plus importante, réunissant à peu près 300 œuvres (illustrations de livres, de presse, petites peintures), a eu lieu en 2005 à l’Eki Museum à Kyôto (également exposée dans d’autres lieux à travers le Japon) et organisée par M. Minoru Shibuya en association avec mon éditeur principal Kôdansha. J’en garde un souvenir inoubliable ! Ma dernière exposition date du 2008 à Odaiba avec Fuji TV.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce pays pour que vous y refassiez tant d’expositions ?

Je ne fais pas de démarches particulières pour exposer là-bas, je suis toujours sollicité pour les faire. Mais mon plaisir est immense à chaque fois. Les Japonais sont des personnes d’une ouverture exceptionnelle, curieux de découvrir d’autres horizons et cultures, d’une gentillesse exemplaire. Je dirai que ma sensibilité et la leur se rejoignent. L’enthousiasme qu’ils expriment envers mes créations est pour moi presque surprenant mais  très réconfortant et agréable.

Quels souvenirs gardez-vous de vos passages là-bas ?

J’y suis allé trois fois et j’en revenais toujours sur un petit nuage. J‘ai eu la possibilité de rencontrer mes lecteurs, qui m’attendaient à chaque fois les bras ouverts, si je pouvais m’exprimer de la sorte, et j’ai été surpris de découvrir combien mes livres étaient populaires. C’est une récompense énorme pour un auteur : recevoir l’expression directe de l’appréciation de ses lecteurs, presque des fans.

Boku no tomodachi otsuki-sama © André Dahan / Kôdansha
L’édition nipponne de Mon amie la lune

Vos livres se vendent-ils tous de la même façon partout ou y en a-t-il qui se vendent plus à l’étranger qu’en France ?

Curieusement, certains livres plaisent plus dans certains pays que dans d’autres : Mon amie la Lune pour le Japon et l’Europe, Le chat et le poisson pour les USA. Je constate que les Taiwanais et les Chinois (qui s’ouvrent au marché du livre pour enfants et en plus venant de l’étranger) suivent le Japon et que les Coréens ont une préférence pour les livres haut en couleur.
Actuellement, j’ai l’impression – est-ce l’effet de la crise ? -, que l’édition française prend un virage plus commercial, les livres deviennent presque un gadget. Ce qui est étonnant, c’est que les éditeurs prestigieux s’engagent dans cette voie également. Ce n’est pas encore le cas au Japon, mais j’ai le sentiment qu’ils y pensent aussi. J’espère que mon éditeur préféré, Kôdansha, gardera sa ligne éditoriale.

* * *

L’info en + : Pour les japonisants, voici une petite interview de 2010 en deux parties (1 & 2), avec une photo de l’artiste. Du reste, M. Dahan travaille actuellement sur la création d’un nouveau personnage, un cœur dénommé Sweatheart.

Voir aussi : Le manga pour enfants (1)