Pendant que la majeure partie des médias a les yeux rivés sur le cas Virgin (prévisible depuis de très long mois, au moins autant que la FNAC également en mauvaise posture…) entre deux chapitres du « Tour du Monde en 80 jours » de Gérard Depardieu bientôt paré pour le cross-over Koh-Lanta/Pékin Express/La ferme célébrités, d’autres entreprises françaises connaissent de grosses difficultés dans l’indifférence quasi-générale.

C’est le cas du Groupe Jemini, dans la tourmente depuis l’automne dernier. Spécialisé dans les jouets pour enfants, le groupe frappait un grand coup il y a tout juste un an (le 10 janvier 2012) en annonçant la signature d’un accord avec Toei Europe pour produire des peluches One Piece à l’effigie de Luffy et de Chopper dans un premier temps. Même si Jemini produisait des goodies Hello Kitty, il s’agissait de sa première vraie incursion dans le milieu de la BD japonaise. Quatre gammes de produits sont ainsi sortis fin octobre 2012 (en théorie… j’avoue ne pas avoir vérifié personnellement…).

Mais voilà que la nouvelle tombe dans la presse locale au lendemain de Noël : le groupe connaît de grosses difficultés financières et est contraint de déposer le bilan, après une mise en cessation de paiement le 20 décembre, malgré un catalogue porteur (Asterix, Spiderman, Marsupilami, Maya l’abeille, Tintin…). Un autre article nous donne plus de détails :

Le Groupe Jemini, dont les difficultés étaient liées à la baisse du marché et aux choix stratégiques de ses anciens  managers, a renégocié ses dettes financières liées à son historique, dans le cadre d’une procédure amiable initiée au mois d’octobre 2012. Parallèlement à cette restructuration opérationnelle et financière, une opération de levée de fonds a été lancée en novembre 2012, le Groupe Jemini ayant reçu de nombreuses marques d’intérêts d’investisseurs financiers et industriels, un espoir est peut-être en train de naître pour les 60 salariés d’Ecommoy dans la Sarthe.

Gages de sérieux 

La volonté des candidats investisseurs les plus sérieux de pouvoir échelonner davantage la dette a incité la nouvelle équipe de Managers depuis le mois d’octobre à demander au Tribunal de Commerce de Paris de bénéficier de l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. Ceci permettra d’envisager un délai plus long dans le rééchelonnement de la dette et de finaliser la levée de fonds.

Le problème semble toutefois remonter à 2011, si l’on en croit cet autre article plus critique :

« À partir de mars 2011, le management a tablé sur une croissance énorme, rappelle Stéphane Cohen, du cabinet de conseil. Il y a eu beaucoup d’argent dépensé par rapport aux résultats escomptés. »

L’année 2011 a été marquée par les achats de Fun House (mobilier pour enfants), Spell (arts de la table pour enfants), CTC (montres et accessoires) puis Pixi, spécialiste des figurines en métal, plastique ou résine. Jemini a eu les yeux plus gros que le ventre.

Sans parler de son entrée en bourse :

En février 2011, Groupe Jemini entrait sur le marché boursier NYSE Alternext Paris, levant au passage près de 11M€ d’euros. Mais son action de 8 €, n’était plus, en octobre dernier, qu’à 2 euros avant que la cotation ne soit suspendue dans l’attente d’un nouveau président du Directoire, Patrick Abessira, ayant démissionné suite aux pertes enregistrées en 2012 (chiffre d’affaires en baisse de 19 % pour le premier semestre).

Cet après-midi, le tribunal du commerce de Paris a rendu son verdict et a placé Groupe Jemini en redressement judiciaire avec période d’observation de six mois. Un soulagement (temporaire ?) pour la soixantaine de salariés de l’entreprise et pour la commune d’Ecommoy (72) qui vient de subir la fermeture d’une autre grande société, Belipa (meubles de salle de bain et de cuisine), avec le licenciement de 118 salariés.

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