Une fois n’est pas coutume, je poste un second billet dans la même journée ! Comme vous le savez tous, le festival d’Angoulême débute demain. Comme vous le savez tous, Atsushi Kaneko (Soil, Bambi) et Stan Sakai (Usagi Yôjimbô) seront de la partie. Mais un autre auteur important fait le déplacement pour l’occasion, et il est bien dommage qu’il ne bénéficie pas d’une plus grande attention…

En regardant le programme un peu par hasard (puisque je ne serais pas sur place, c’était plus par curiosité que par nécessité), une conférence a attiré mon attention, celle de vendredi 27 à 11h30 intitulée « Quels liens entre Manga, jeux vidéo, animation et art ? » avec la participation du Japan Media Arts Festival représenté par M. Tarô Minamoto.

Il est important de rappeler que depuis 15 ans, le Japan Media Arts Festival est organisé par l’Agence des Affaires Culturelles Japonaise (rattachée au Ministère de l’Éducation) et récompense des œuvres artistiques dans quatre catégories : Art, Entertainment, Animation et Manga (et parfois un Prix Spécial). Tous les ans au mois de décembre sont ainsi attribués un Grand Prix, plusieurs Prix d’Excellence, un Prix d’Encouragement tandis que le jury recommande d’autres œuvres dignes d’intérêt dans chaque catégorie.
Depuis quelques années, je proposais les résultats relatifs au manga dans mes news d’Animeland (n° 119, 129, 139, 149, 159, 170…). Parmi les Grand Prix passés, citons : Vagabond (Tonkam), Le pays des cerisiers (Kana) – de Fumiyo Kôno qui sera en France début mars au Centre Pompidou -, Journal d’une disparition (Kana), Spirit of the sun (Tonkam), Vinland Saga (Kurokawa)…

Monsieur Minamoto, quant à lui, est assez touche-à-tout, même s’il officie principalement comme mangaka et critique de manga. Ce natif de Kyôto a fait ses débuts en 1967, à l’âge de 20 ans, dans un numéro spécial du Bessatsu Ribon (un magazine pour filles) avec Aniki kampai, après avoir étudié les beaux-arts. Au cours de sa prolifique carrière, durant laquelle il adapta certains textes célèbres (Cyrano de Bergerac, Hamlet, Monte Cristo, Les Misérables), il s’illustra principalement dans le gag manga. Ce qui est relativement raccord avec la thématique de l’exposition d’Angoulême cette année : Manga, les sens de l’humour.

Mais c’est en tant que critique que j’ai à ce jour le plus apprécié son travail avec sa participation à un recueil de nouvelles paru en 2008 pour les 45 ans de carrière de Takumi Nagayasu (Mother Sarah), dont il est grand fan (voir AL n°146) ; et les textes qu’il a rédigés dans deux livres consacrés à Osamu Tezuka et publiés peu de temps avant (voir AL n°145 et Manga – 10 000 images 2 pages 102-103).

Tarô Minamoto a également remporté un Prix Spécial lors de la 8e édition du Prix Culturel Osamu Tezuka (2004) pour avoir développé un nouveau style de BD historique et pour sa contribution à la culture du manga, ainsi qu’un Prix d’Excellence lors du 14e Japan Media Arts Festival (2010), justement, avec Fûunjitachi Bakumatsuhen.

Alors si vous avez l’occasion de croiser ce grand monsieur, n’hésitez pas à aller lui accorder toute l’attention qu’il mérite (de mon côté, je regrette désormais de ne pas être sur place !). N’hésitez pas non plus à vous intéresser aux auteurs Taïwanais présents en nombre et forts talentueux, si j’en crois les planches disponibles sur le blog officiel (avec des BD traduites en lecture gratuite et légale !).

Un résumé des activités intéressantes est à lire ici ou en version détaillée sur le site officiel de Mangoulême.

[EDIT du 02/02/2012 : Yves Schlirf (Kana) a rencontré le mangaka à Angoulême et il a même reçu une dédicace de celui-ci.]

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